Soumise au blocus pétrolier américain et aux difficultés d'approvisionnement en provenance du traditionnel allié, l'île doit procéder à un changement économique "en profondeur" et "applicable à court terme", selon le chef de l'Etat cubain.
Le président Miguel Diaz-Canel, à la Havane, le 22 mai 2026 ( AFP / ADALBERTO ROQUE )
L'économie de Cuba, en proie à une profonde crise économique et soumise à un blocus pétrolier américain, a besoin de "changements urgents", a déclaré le président Miguel Diaz-Canel, dans une intervention devant le Comité central du Parti communiste, retransmise jeudi 18 juin par la télévision d'Etat.
"La réalité nous impose des changements urgents et nécessaires", a déclaré le chef de l'Etat lors du discours de clôture d'une session extraordinaire du Comité central du Parti communiste (PCC,unique) qui a approuvé mercredi un paquet de réformes vers plus de libéralisation économique.
Ces réformes, dont tous les détails ne sont pas encore connus, visent à ouvrir davantage de secteurs à l'investissement privé, à attirer plus de capitaux des Cubains de l'étranger, à réduire la part de l'Etat et à donner plus d'autonomie aux entreprises publiques. "Certaines ne feront pas l’objet d’un consensus absolu, mais il est impossible de les remettre à plus tard", a souligné le président cubain.
L'influent ex-président Raul Castro leur a d'ores et déjà apporté son soutien et l'Assemblée nationale du pouvoir populaire se réunit en urgence jeudi pour les approuver.
"Quand la vie du peuple devient si dure, le premier devoir du Parti communiste et du gouvernement révolutionnaire n'est pas d’expliquer mieux la crise, mais de changer ce qui doit l'être pour en sortir", a poursuivi le chef de l'Etat, également premier secrétaire du PCC.
Miguel Diaz-Canel, qui a invoqué les exemples de la Chine et du Vietnam, a appelé de ses voeux un changement économique "en profondeur, souple et applicable à court terme", avec une "stabilisation macroéconomique, des incitations pour stimuler et promouvoir une ouverture productive (...) et une protection sociale ciblée et efficace" .
"Il y a des obstacles qui ne viennent pas de l’extérieur"
Le chef de l'Etat a appelé à "créer un environnement institutionnel et réglementaire" pour que les entreprises et les travailleurs soient encouragés à produire des biens et à fournir des services de qualité et avec efficacité". "Il y a des obstacles qui ne viennent pas de l’extérieur, ni du blocus (américain). Il y a de la lenteur, de la bureaucratie, des règles qui freinent ceux qui veulent produire et des décisions que nous avons repoussées", a-t-il reconnu.
Ces annonces de réformes interviennent alors que le président américain, Donald Trump, applique une politique de pression maximale sur l'île, soumise depuis près de cinq mois à un blocus pétrolier de facto. Washington, qui impose un embargo à Cuba depuis 1962, ne cache pas son souhait de voir un changement de modèle économique, voire de régime, sur l'île située à environ 150 kilomètres des côtes de la Floride.
Plus au sud, le Venezuela a entrepris une grande restructuration de son système énergétique. Six mois après la capture de l'ex-homme fort du pays Nicolas Maduro par les Etats-Unis, la présidente par intérim Delcy Rodriguez a annoncé un accord conclu avec General Electric pour remettre en état le réseau électrique vétuste du pays.
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